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Booster la femme entrepreneure en Martinique : rencontre avec les Premià¨res Martinique

Accompagner la femme entrepreneure en Martinique vers le succà¨s : voici la mission des Premià¨res Martinique.  Pour faire face aux obstacles qui se dressent sur leur parcours d'entrepreneuriat, l'incubateur des Premià¨res Martinique permet la femme entrepreneure en Martinique de concrétiser ses ambitions. Coaching sur mesure mais aussi rencontres avec les professionnels de l'entrepreneuriat, Les Premià¨res Martinique ouvre des portesà  la femme entrepreneure en Martinique. Dans notre Caribexpat Live spécial "Rentrer en Martinique pourêtre entrepreneure", Béatrice PELAGE-VALERE, Présidente des Premià¨res Martinique, nous explique le fonctionnement de l'incubateur et son importance pour la femme entrepreneure en Martinique.

Caribexpat vous aide égalementà  tout planifier pour votre déménagement vers les Antilles franàçaises, la France hexagonale ouà  l'international grceà  nos experts qui vous accompagnent sur place !

Pour commencer, parle-nous de ton parcours !

Depuis toute petite, j'ai été trimbalée par mes parents entre la France hexagonale et la Martinique. Je suis née en région parisienne. Aprà¨s, je suis rentrée en Martinique. Je suis repartie pour faire ma scolarité.  Ensuite, je suis revenue en Martinique puis de nouveau repartie pour les études. J'avais l'ambition de ne pas travailler en France hexagonale et de rentrer chez moi ou chez mon mari puisqu'il est Guadeloupéen. On voulait vraiment participerà  la vie économique de nos territoires. L'année de mon mariage, je suis arrivée en Martinique et j'ai cherché un job. J'ai un DEA de chimie organique fine. J'ai donc cherché dans cette branche.à€ l'époque, c'était la grande vague des entreprises qui se mettaient aux normes. On m'a dit : €œVous aurez plus de chances si vous avez en plus cette compétence là €.

Le manque d'expériencesà  l'étranger

Je suis donc rentréeà  Paris. J 'ai passé un certificat de compétences de 3à¨me cycle en Management par la Qualité, au CNAMà  Paris. J'étais toute fià¨re de mon certificat ! J'ai fini parmi les premiers d'une promo de plus de 400 personnes, notamment dans le module "processus de qualité". Çà a, je le dis parce que l'enseignant principal qui était un consultant et qui travaillait chez ArcelorMittal, m'avait proposé de déposer mon dossier chez eux. J'avais un super dossier ! La seule chose qui me manquait, c'était des expériences de stagesà  l'étranger. Parce que lorsqu'on est domiens, on a l'impression que lorsqu'on part en France hexagonale, en Guadeloupe ou en Guyane, on està  l'étranger... Pas du tout en fait ! J'avais beau avoir fait des expériences professionnelles, e n restant sur le territoire franàçais,àça n'était pas considéré comme une expérienceà  l'étranger. Aujourd'hui, lorsque je rencontre des jeunes, je leur dis €œQuand vous partez faire des études, profitez de cette période là  pour aller en Allemagne, en Italie, n'importe oà¹, pour vous former, avoir une autre expérience."

Le retour au pays en Martinique

Je reviens en Martinique avec mon diplôme de manager par la qualité en pensant que les postes vont s'ouvrirà  moi... Non pas du tout ! Il faut continuer de se former, se vendre, continuer de chercher... Figurez-vous que j'ai atterri dans un emploi qui n'était pas vraiment en rapport avec mes études ! J'ai fait des études de chimie. Je voulais faire de la formulation, créer des produits etc. J'ai commencé parêtre ingénieure hospitalià¨re. Mon diplôme en Management par la Qualité m'a permis de mettre en place un certain nombre de processus dans un service du CHU. Aprà¨sàça, je suis devenue directrice d'établissement médico-social, dans le champ du handicap, toujours avec l'espoir de devenir consultante. Cet enseignant que j'avais eu au CNAM, j'avais trouvé sa vie exceptionnelle et il m'avait dit : €œOn ne sort pas de l'école pour devenir consultant. Il faut avoir une expérience professionnelle en tant que salarié, se constituer un réseau (...) pour que vous puissiez amener quelque chose sur la table€.

Le monde associatif

J'ai commencé en tant que salariée et aujourd'hui,  je suis consultante en Management et Stratégie d'entrepriseà  mon compte. J'ai aussi des activités associatives. J'appartiensà  un club au service des femmesà  l'international depuis 10 ans. Il y a trois ans, j'ai créé un nouveau club qui est le dernier des cinq clubs de la Martinique qui s'appelle €œSoroptimist Les Flamboyants Côte Caraà¯be€. Ce club a cinq domaines d'action dont le leadership et l'autonomisation des femmes. C'est dans cet engagement là  que j'ai voulu faire du concret, avec la création des Premià¨res de Martinique.

Pourquoi avoir créé les Premià¨res de Martinique, l'incubateur dédiéà  la femme entrepreneure en Martinique ?

C'est tout simplement parce queàça correspondà  mes valeurs humanistes. Les femmes comptent autant que les hommes, y compris dans ce monde plutôt masculin. Nous avons toute notre placeà  prendre. Quand je dis "à  prendre", c'est vraimentà  aller chercher. Puisque depuis des millénaires, si les choses étaient si faciles queàça pour les femmes, on n'en serait pasà  célébrer la journée internationale des droits des femmes...  L'incubateur au féminin Premià¨res de Martinique fait partie d'une fédération internationale qui est en train de continuer de se développer. Il y a des antennes en France hexagonale, en Guadeloupe et en Guyane, mais aussi au Luxembourg. C'est une association qui a pour but la mixité professionnelle dans un premier temps. Maintenant, pour atteindre cette égalité, cette complémentarité, dans la mesure oùce sont les femmes qui sont les moins bien loties, nous axons nos efforts et notre action pour aider des femmes porteuses de projets ou déjà  entrepreneuresà  se lancer, se conforter et pérenniser leurs projets ou leur entreprise.

Quelles sont les difficultés rencontrées par une entrepreneure en Martinique, par rapportà  un entrepreneur ?  


Le syndrome de l'imposteur de la femme entrepreneure en Martinique

Au niveau des freins, pour les femmes, effectivement, il y a ce syndrome de l'imposteur, <tendance=">tendance" psychologiqueà ="psychologiqueà " la="la" peur="peur" età ="età " remise="remise" en="en" question="question</a>">. On est toujours en train de se poser la question : €œEst ce je serai compétente ?€, €œEst-ce-qu'on va y arriver ?€, €œEst-ce queàça va le faire ?". C'est quelque chose que j'ai vécu en tant qu'entrepreneure en Martinique et que je retrouve. Est-ce que ce n'est pas déjà  nous le premier frein, et notre éducation, nos familles ?

La prise de risque

On est tellement cantonnéà  un rôle oùon doit s'occuper des enfants, de la famille... On doitêtre la personne stable au niveau du foyer parce que justement l'homme, dans le schéma classique, c'est lui qui va essayer, qui va prendre des risques. S'il ne réussit pas, ce n'est pas grave, c'est normal. On n'attend pas des femmes qu'elles prennent des risques. On est tellement éduqué dans ce schéma là , que nous sommes les premià¨resà  nous mettre des freins .

La place de la femme

Pourtant, je suis issue d'une famille oùles femmes sont cheffes d'entreprises depuis toujours. Ma grand-mà¨re a fêté ses 100 ans le 18 décembre dernier. Elle a eu un article dans le journal quotidien France-Antilles, elle y était décrite comme une entrepreneure en Martinique. Moi, j'ai toujours connu ma grand mà¨re avec ses magasins  qu'elle gérait de main de maître. Mes tantes, c'est pareil. Ma maman est la premià¨re architecte femmeà  avoir eu son propre cabinetà  la Martinique. Elle évolue dans un métier plutôt masculin et a l'habitude de s'affirmer en tant que femme. Pourtant, quand on est en repas de famille, c'est : €œBéatrice, sers ton mari€ et moi qui répond : €œMais pourquoi ? Il a des mains, il sait se servir€.   Ou alors : €œTu n'as pas vu l'heure qu'il est ? Il est 19h30. Il faut que tu rentres chez toi, tu as tes enfants€. J'ai la chance d'avoir un mari qui partage toutes les tches domestiques avec moi. On n'en fait pas plus l'un ou l'autre : on est complémentaire.

L'importance de l'environnement

C'est important d'avoir dans son entourage, dans son environnement proche, des personnes qui vont vous soutenir. L'entrepreneuriat, ce n'est pas quelque chose de facile. C'est se lancer dans l'inconnu. On a une idée, certes, mais comment est-ce qu'on concrétise cette idée ? Comment est- ce qu'on fait pour que cette idée sorte du stade d'idée et de projet, et qu'elle se concrétise et vous permette de vivre ? Il faut pouvoirêtre épaulée. Alors, quelques fois, on trouve ce soutien au sein de sa famille.

Le soutien des structures dédiéesà  la femmes entrepreneure en Martinique

On peut aussi aller vers des structures comme les Premià¨res Martinique qui vont aussi vous apporter ce soutien et tout ce qu'il va vous falloir comme outils et comme clés pour acquérir cette posture d'entrepreneure,  savoir ce que c'est exactement l'entrepreneuriat. Ce n'est pas parce que vousêtes un bon cuisinier, que vousêtes félicité tous les dimanches quand vous faites des plats et que de temps en temps, vous faites quelque chose commeàça de côté pour les amis...que vousêtes en capacité d'ouvrir et de gérer un restaurant. Il faut enêtre conscient.

Comment l'incubateur Les Premià¨res Martinique aide-t-il la femme entrepreneure en Martinique ?


Le métier d'entrepreneure

C'est déjà  leur faire remarquer qu'être entrepreneure en Martinique c'est un métierà  part entià¨re. C 'est un chef d'entreprise qui va gérer la comptabilité, le marketing, le personnel, un certain nombre de fonctions support de l'entreprise. C'est vraiment un jobà  temps plein. La premià¨re chose, c'est donc de faire réaliser aux porteuses de projets que cheffe d'entreprise, c'est un métier et qu'il y a une posture qui va avec.

Le coaching

Au niveau de l'accompagnement des Premià¨res, dans notre cursus, il y a un certain nombre de formations en développement personnel et sur l'entrepreneuriat. Il y a aussi du coaching individuel et du coaching semi-collectif. Nous avons un accompagnement de six mois. J'ai tendanceà  dire : €œJe ne suis pas là  pour faire du chiffre et faire que les personnes s'immatriculent€. J'ai créé les Premià¨res parce que je voudrais que les femmes puissent s'épanouir dans une activité qui leur plait mais de manià¨re pérenne. Si on veut la pérennité de la chose, il faut que les fondations soient solides. On s'attacheà  vous donner ces fondations là .

L'association Les Premià¨res Martinique

Au-delà  du cursus d'accompagnement que l'on propose aux porteuses de projets ouà  celles qui ont déjà  immatriculé leur entreprise et qui voudraient revoir leur modà¨le économique et affiner leur business plan, on reste une association. Elle se constitue d'un réseau de femmes cheffes d'entreprises et entrepreneures ainsi que de professionnels de l'entrepreneuriat. Vous allez pouvoir les rencontrer et échanger au travers d'ateliers et d'afterworks. Çà a existe aussi dans les milieux mixtes, mais on se rend compte que ces milieux d'échanges et de conclusions d'affaires sont peu investis par les femmes. Lorsqu'elles sont là , elle n'ont peut-être pas la posture ou ne savent pas comment faire pour dire €œBonjour (...), je suis la ressource qu'il vous manque.". C'est aussiàça : leur donner cet espace, pour qu'elles puissent apprendreà  le faire entre elles et pour que demain, lorsqu'elles seront dans un milieu mixte, qu'elles soientà  l'aise pour prendre leur place.

Les tarifs

Les Premià¨res de Martinique, c'est deux choses :
  1. une association pour permettre la rencontre des adhérents au travers d'ateliers, d'afterworks... L'adhésion est annuelle et est de 100 euros.

  2. l'accompagnement avec de la pré-incubation (6 mois) et de l'incubation (6 mois). Vous aurez toutes les séances de coaching, de formation en développement personnel, de formation sur l'entrepreneuriat et sur les fonctions support de l'entreprise, le business model, le business plan, apprendreà  pitcher... Cet accompagnement sur 12 mois est de 950 euros. Si malgréàça, vousêtes frileuse, on travaille avec une couveuse d'entreprise pour pouvoir tester votre activité et évoluer comme si vous étiez déjà  immatriculée avec tout l'accompagnement juridique, comptable, etc. pour vous permettre d'être rassurée pour pouvoir vous lancer ensuite.

Est-ce-qu'il y a une limite d'années d'existence de l'entreprise pour intégrer les Premià¨res Martinique ? 

Absolument pas. Vous venez quels que soient, l'idée, le projet, l'entreprise déjà  créée ou pérennisée. On fera un diagnostic pour voir ce que vous recherchez exactement et siàça vaêtre intéressant pour vous de rentrer dans le cursus pré-incubateur, incubateur, ou alors tout simplement d'être adhérent et de bénéficier des ateliers et afterworks.

Jusqu'à  quelge accompagnez-vous la femme entrepreneure en Martinique ?

Il n'y a pas d'ge. Ce qui compte, c'est la motivation. Le cursus est d'un an. Aprà¨s, vousêtes adhérent de l'association et vous bénéficiez des conseils du réseau. Aujourd'hui, on n'est qu'à  un an donc on n'est pas encore développé pour avoir des locaux comme la Technopole Martinique. C'est prévu mais dans un premier temps, ce qu'on veut vraiment, c'est constituer un réseau pour que les femmes qui décident de franchir le pas de l'entrepreneuriat ou qui l'ont déjà  franchi ne restent pas isolées.

Souvent, les hommes avec qui on traite en tant qu'entrepreneure en Martinique ne nous prennent pas au sérieux, surtout lorsqu'on est jeune. Quels conseils donnerais-tu pour affronter cela ?

Cela me fait sourire parce que j'ai été directrice d'un établissement médico-social il y a quelques années. J'avais une petite trentaine d'années dans un établissement qui avait fêté ses cinquante ans, qui avait toujours été géré par un homme, avec une centaine d'employés plutôt masculins. La jeune fille noire, en plusà  ce poste là ... Non, vous n'êtes pas prise au sérieux. Quand vous arrivez, il y a les préjugés : €œVous n'êtes pas compétente€. Il faut continuer de croire en ce que l'on dit. C'est vrai qu'au début, j'ai beaucoup dà» argumenter et n e pas baisser ma garde : "Je suis sà»re de ce que je dis. J'ai fait des recherches sur ce que j'avance.". Déjà ,àça vous rassure vous parce que vous savez ce que vous faites et comme souvent, les autres en face n'ont pas ces éléments, rapidement, ils se calment et vous devenez quelqu'un d'incontournable.

Les collectivités publiques aident-elles Les Premià¨res Martinique ? 

Les Premià¨res de Martinique sont accompagnées par la Déléguée aux droits des femmes. C'est également un soutien financier. C'est une idée qui plaît, ce sont de grandes causes nationales : l'entrepreneuriat, les femmes... Donc quelque part, je dirais que les pouvoirs publics sont €œobligés€ de nous accompagner. On fonctionne avec le FSE (Fonds Social Européen) puisque nous sommes une association. C'est le modà¨le économique des autres antennes Les Premià¨res au niveau national. Mais ce que je voudrais préciser, c'est que les collectivités publiques accompagnent financià¨rement mais elles aident quand vousêtes connue, quand vous avez déjà  fait quelque chose. Il ne faut pas attendre d'avoir ces aides là . Il faut qu'on ait déjà  fait nos preuves, de ce que l'on fait, de ce qu'on avance et de ce que l'on dit et là , effectivement les portes s'ouvrent. Si vous avez un projet d'entreprenariat, n'attendez pas sur les autres, que ce soit financià¨rement ou pas, pour pouvoir le faire. Lancez-vous. Aprà¨s, vous allez trouver sur le chemin des personnes qui vont vous accompagner. Les personnes qui ont des messages négatifs, ce n'est pas grave, détournez le regard. J'ai lancé les Premià¨res de Martinique en Mars 2021. J'ai la chance d'avoir un réseau sur lequel je peux m'appuyer, qui m'accompagne et m'aide sur ce projet là . On est beaucoup dans du bénévolat, maisàça ne va pas pouvoir continuer toute la vie. On accompagne des personnes cheffes d'entreprisesà  gagner leur vie et nous on est bénévole : il y a un décalage.

Et vous ? Prêtesà  vous lancer et devenir entrepreneure en Martinique comme solution pour votre retour au pays en Martinique ?

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Revoir le Caribexpat Live Spécial "Rentrer en Martinique pourêtre entrepreneure" https://www.youtube.com/watch?v=q1f0YQsrwxU&t=92s Plus d'infos sur les intervenantes de ce Caribexpat Live :

  1. Les Premià¨res Martinique, l'incubateur présidé par Béatrice Pélage-Valà¨re

  2. Le club Soroptimist Les Flamboyants Côte Caraà¯be créé par Béatrice Pélage-Valà¨re

  3. Sports' Indies, l'agence évà¨nementielle sportive créée par Leslie

  4. La page Facebook des Outremer Summer Games

  5. Technopole Martinique, structure pour l'entreprenariat en Martinique Crédit photo :

  6. Photo de couverture : Facebook | Les Premià¨res Martinique Rédaction : Candice Hill œ¨

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