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Portrait | Laurent, un antillais expatrié en Inde

INDE | Rencontre avec un antillais en Inde ! Laurent vità  Chennaià  15 000 kilomà¨tres de sa Guadeloupe natale. Cet entrepreneur du digital vous fait découvrir son quotidien. Vousêtes aussià  Chennai ou en Inde ou vous pensez vous y rendre bientôt ? Géolocalisez-vous comme lui et rejoignez la communauté Caribexpat ! Vous vous croiserez peut-être qui sait ?!

Quel a été ton parcours et qu€™est-ce-qui t€™amà¨ne en Inde ?

J'ai quitté la Guadeloupe en 2003. J'ai commencé par une licence en information et communication digitaleà  St Raphaà«l et Béziers. Puis j'ai travaillé dans ce même domaineà  mon compte pour plusieurs marques pendant 2 ans. Ensuite, j€™ai choisi de suivre ma compagne en Inde. Je visà  Chennai, qu€™on appelle aussi Madras, dans l€™état du Tamil Nadu au sud du pays depuis novembre 2015. Aujourd€™hui, je suis indépendant en stratégie de développement, création et communication. Je travaille aussià  la finalisation de mon projet d'application sur la gestion de l'humeur. Je suis également bénévole pour la CCI Indo-franàçaiseà  Chennai en tant qu€™ Event and Communications Manager.

Peux-tu nous en dire plus sur ton application qui permet de gérer son humeur ?

J€™ai eu l€™idée de créer Mood Cloud il y a 5 ans quand j€™étais en pleine recherche d€™emploi. Cela m€™est venu lors d€™une discussion avec ma sÅ“ur. Je lui racontais souvent que je n€™avais pas vraiment le moral. L€™idée est de noter son humeur de -10à  10 au quotidien et d€™avoir une moyenne sur une période donnée. Ainsi, les utilisateurs voientà  quel moment ils se sentent bien sur une année. Ils peuvent donc faire un parallà¨le avec les activités durant lesquelles ils se sentaient bien et celles qu€™il faudrait éviter. Mood Cloud est encore en cours de développement.

Un Antillais en Inde doit vraimentêtre dépaysé ! Comment t€™es-tu adapté ?

Quand on est un antillais en Inde, on a vraiment l€™impression de temps passé et de modernité extrême. Ce pays està  la fois un temps en arrià¨re et un temps en avant ! Par exemple, la fibre optique a été installée chez nous en 2 jours, soit plus rapidement qu€™à  Paris et avec un meilleur débit ! Par contre l€™eau n€™est pas potable. Autre exemple : je me suis fait soigné dans un hôpital privé pour un problà¨me dentaire etàçà  a été assez rapide. J€™ai payé 30 euros pour un scanner, un soin et tout le reste. Ce n€™est pas cher pour un européen maisàçà  reste élevé pour un indien.Ici il faut bien s€™armer de calme. Un exemple trà¨s simple : vous pouvez vous faire doubler dans une file d€™attente. C€™est fréquent ici, mais il faut faire respecter sa place ! Aussi, dans l€™état du Tamil Nadu, et en Inde en général, les formules de politesses ne sont pas les mêmes. Il tientà  chacun de faire son interprétation entre la timidité des uns de parlerà  des étrangers et l'éducation des autres. Certaines personnes n€™osent pas demander parce qu€™elles ne parlent pas anglais tout simplement. La culture indienne est assez forte et riche. Il faut vivre pendant plusieurs années ici pour la comprendre et l€™apprécier.

Quelle est l€™image de la Caraà¯be du point de vue de ton entourage indien ?

Les Indiens que je connais sont plutôt curieux quantà  mon origine guadeloupéenne. Ils me questionnent sans arrêt. Ils sontà  la fois excités et légà¨rement anxieux par rapport au cricket. Il faut savoir que le cricket est une €œreligion€ en Inde,à  peu prà¨s comme le football en Europe. Ici il y a un phénomà¨ne de starification des joueurs de cricket originaires des West Indies. Il me semble même que l€™Inde a déjà  été battue par une équipe desîles anglophones. Je précise donc que la Guadeloupe fait partie des €œFrench West Indies€ car certains s€™imaginent que la Caraà¯be est une seuleîle et non pas un archipel.

Aurais-tuà  tout hasard croisé d€™autres antillais en Inde ?

J€™ai connu des antillais en Inde mais plutôtà  Pondichéry. Ils travaillaient au Consulat mais ils sont partis tôt. Sinon je n€™ai pas rencontré d€™autres antillais en Inde, en tout cas pasà  Chennai . D€™ailleurs je n€™ai pas non plus croisé de personnes originaires de la Guyane, ni même de la Caraà¯be dans son ensemble. Je me sens un peu seul du coup ! La chaleur, la liberté, la joie de mes compatriotes...tout cela me manque !

L€™ambassadeur d€™Inde en France, Mohan Kumar était de passage en Guadeloupe et en Martinique début 2016. Lors d€™une conférence dédiées aux entrepreneurs, il encourageait le développement de courants d€™affaires entre les Antilles et l€™Inde. Qu€™en penses-tu ?

 €¨Je suis convaincu qu€™il faut développer des courants commerciaux avec l€™Inde. Nous gardons des liens avec la France qui n€™ont parfois pas de sens : par exemple, nous consommons certains produits pour les fêtes (fois gras, sapin de Noà«l etc€¦) alors que nous vivons dans la Caraà¯be. Nous ne retrouvons pas toujours ce que nous consommons dans notre culture. Il existe une communauté indienne aux Antilles. Nous devrions essayer de la découvrir et faire du commerce avec elle car beaucoup de choses sont possibles. En conclusion, nos racines fondamentales se trouvent dans des lieux avec lesquels nous ne développons pas encore assez d€™échanges commerciaux. Il serait intéressant de changer de paradigme.

Crédits photos : LaurentRédaction : Doris Nol pour Caribexpat.com

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