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Portrait | Yvan, un martiniquais expatriéà  Londres

ROYAUME-UNI | Escale chez Yvan, martiniquaisà  Londres ! A 36 ans, cela fera bientôt 10 ans qu€™il a choisi de poser ses valises au Royaume-Uni. Manager chez un leader mondial de la grande distribution, il revient sur son parcours et partage avec vous ses conseils sur la vie dans la City en fin d€™article ! Comme lui, Géolocalisez-vous aussià  Londres ou dans le monde !

Depuis la Martinique, comment es-tu arrivéà  Londres exactement ?

J'ai quitté la Martinique juste aprà¨s mon baccalauréat en 1999 pour vivreà  Paris. J'ai étudié la psychologie pendant trois ansà  la Sorbonne avant de me rendre compte que ce n'était pas pour moi. Je me suis réorienté vers un BTS transport, puis une licence de management de la supply chain et un master €œoperations & supply chain€. Depuis 10 ans, je visà  Londres avec ma femme et ma fille. Je suis €œLogistics Development Manager€  (c€™est-à -dire responsable du développement du réseau logistique) chez Tesco Plc et je termine aussi un MBAà  Warwick Business School.

Peux-tu nous parler un peu de Tesco et expliquer en quoi consiste ton métier ?

Tesco est le troisià¨me groupe de distribution mondial et le leader en Grande Bretagne. Il compte 500000 employés entre l'Europe et l'Asie et réalise un chiffre d'affaire de 62 milliards de livres sterling. L'activité de distribution représente 160000 conteneurs par an provenant d€™Asie d€™Afrique et d€™Amérique du Sud. En parallà¨le, Tesco tente d€™éradiquer le gaspillage en travaillant avec les banques alimentaires. Celles-ci sont informées des stocksà  récupérer età  distribuer aux personnes dans le besoin. Dans ce contexte, je suis responsable des projets visantà  améliorer la faàçon dont Tesco importe la marchandise en Grande-Bretagne et traite avec les fournisseurs pour trouver des opportunités de collaboration. Globalement ma mission est de réduire les coà»ts inutiles. Cela demande beaucoup de discipline car personne ne me dira comment faire quoi que ce soit ! Il faut créer son réseau d€™employés sur qui compter pour avancer. Ma mission est trà¨s variée, par exemple cette année j€™ai ouvert un dépôt sous douane en Slovakie et je travaille sur le lancement d€™un nouveau systà¨me de prévision des ventes.

On croise un peu moins de martiniquaisà  Londres qu€™à  Paris par exemple. Comment se sont passés tes premiers jours ici ?

Je ne parlais pas anglais donc ce n€™était pas toujours simple. Mais j€™ai trouvé un job 2 semaines aprà¨s mon arrivée ! J€™ai failli travaillé au Lycée franàçais Charles de Gaulleà  Londres en tant que pion avant de finalement obtenir un poste dans ma branche ! Londres m'a offert ce que Paris ne m€™offrait pas : l€™opportunité de réussir ou d'échouer. Ici personne ne s'intéresseà  ton origine. Enfin c€™était avant le Brexit ! J€™ai aussi compris que les Anglais ne disent jamais directement ce qu€™ils pensent. Par exemple, si l€™on te dit €œIt's interesting€ cela ne veut pas dire queàçà  l€™est ! Il faut savoir lire entre les lignes, avoir confiance et surtout contacter les gens directement lorsque l€™on cherche du travail. Sinon, on remarque qu€™ici le temps n€™est pas terrible !

En tant que martiniquaisà  Londres, qu€™est-ce-qui te manque le plus ?

Ma routine, ma famille et la qualité de vie. Je n€™ai pas rencontré d€™autres martiniquaisà  Londres, ni même d€™autres antillais. La communauté antillaise francophone est beaucoup moins organisée que les autres communautés. D€™ailleurs, peu d€™anglais connaissent la Martinique. Ils sont curieux et la premià¨re question qu€™ils te posent c€™est €œWhy are you here ?€. Je fais toujours faceà  des visions idylliques des Antilles (rires).

Aprà¨s avoir vécu 10 ans ici, est-ce-que tu t€™imaginerais vivre en Martinique ou même ailleurs ?

Quand je penseà  la Martinique, c€™est plutôt pour partir en vacances. L'économie est beaucoup trop biaisée chez nous pour faire quoi que ce soit qui permettent de soutenir un train de vie confortable ou de s€™épanouir professionnellement. Je serai le premierà  rentrer si cela change. D€™ailleurs, si je pouvais apporter un peu d€™ici là -basàçà  serait le professionnalisme, l'esprit d€™entreprendre et l'ouverture d'esprit d€™une manià¨re générale. J€™admire ceux qui tente le €œretour€, je souhaite qu'il réussissent. De mon côté, je suis plutôt intéressée par l€™Asie et l€™Europe de l€™est si une opportunité d€™y vivre se présente !

Crédits photos : YvanRédaction : Doris Nol pour Caribexpat.com

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